Sur un nuage de la cordillere

Description

J'ai envie de tout vous raconter! Les surprises, les paysages, les coincidences, les questions et les reponses. TOUT! Tout sur ce voyage que j'attendais depuis deux ans. Le projet s'appelle HILO DE ORO et consiste a traverser l'Amerique du sud a l'encontre des enfants et des cultures. Nous sommes 4 volontaires et on fait ce qu'on sait faire dans les ecoles et orphelinats que nous avons contacte depuis la France. Ca y est! nous y sommes. J'ai cree ce blog pour que vous sachiez tout sur ce voyage qui represente deja une etape incroyable de ma vie. Il a ete concu pour vous car ca se partage une aventure comme celle ci. J'espere que je parviendrai a vous retranscrire mes emotions et mes aventures telles que je les vis reellement. Avec grand plaisir je lirai vos questions, suggestions ou commentaires alors n'hesitez pas s'il vous plait. A tous, bonne lecture ...et bon voyage!


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Le projet Aire de Jeux...en Images

 

La construction à prit du retard...comme tous les projets qui se montent au Pérou.

Il a concrètement commencé en octobre 2007par la réalisation des plans, soit environ quatre mois après notre arrivée à Ayacucho et trois mois avant notre départ prévu pour la Bolivie.

A ce moment là, je prends une décision fatidique:

Je ne suivrais pas l'équipe en Bolivie. Je reste à Ayacucho avec Benjamin et Jéremy (qui ne parlent pas un mot espagnol), pour être sûre de bien finir le projet. En même temps, ça m'arrange de voir partir mon co équipier Jean Marie, avec qui je m'enttends très mal.

Chaque étape de la construction a été un vrai calvaire:

Tous les jours sans exception il a fallut que je sois derrière chaque intervenant sur le projet: menuisiers, ingénieur, maître d'oeuvre, ouvriers et municipalité. Si je ne les appelait pas régulièrement, si je n'allais pas frapper à leur porte pour les pousser sur le terrain, le travail n'était pas fait...même pas celui du service public!

Un exemple avec la municipalité a qui je demande une autorisation de construction:

1er rendez vous:

-"bonjour! quels documents dois-je vous fournir vous pouvoir construire?"

-"tenez mademoiselle (l'etrangère), voici la liste des documents à fournir et à nous rendre au plus vite"

Une semaine plus tard:

-"Monsieur, voici tous les documents nécéssaires"

-"Non mademoiselle, il en manque trois, et ceux que vous m'avez remis ne sont pas valables, il y a une manière bien précise de les présenter"

-"Ah bon? mais vous ne me l'aviez pas dit!"...

Troisième rendez vous:

-"Il vous manque encore ça, ça et ça"

-"Mais pourquoi ne me l'avez vous pas dit les fois précédentes!!!!!"

-"Révenez avec le dossier complet Mademoiselle (elle se prend pour qui cette Gringa à m'apprendre mon travail?)"

Un mois et demi après le 1er rendez vous:

- "Voila Monsieur, cette fois, j'ai tout ce que vous m'avez demandé et j'ai fait toutes les modifications, quand aurons-nous une réponse?"

- "Désolé Mademoiselle, il manque encore un document, revenez nous voir quand le dossier sera complet"

-"!!/.?/!!!./?!,,!!!!!!++AAAAAHHHHHH!!!!!!!!!"

 

 

A l'heure actuelle, alors que la construction est presque terminée, nous n'avons toujours pas l'autorisation de construire...J'apprendrai plus tard que ce document n'a AUCUNE VALEUR au Pérou. Tout le monde construit avant d'en avoir le droit, puisque tout le monde fonctionne exactement comme la municipalité: comme bon lui semble et sans aucune organisation interne.  

 

Il m'a fallut beaucoup, beaucoup de patience et d'énergies pour mener à bien le projet. Je suis passée par des périodes extremement difficiles où j'étais impuissante et toute petite face à une société désorganisée et passive qui ne m'aidait en rien dans la réalisation du projet réalisé POUR et AVEC la population locale.

 

Le fameux "trou", avant le début des travaux.
Construction des murs et de l'espace qui accueillera les jeux en bois déssinés par Benji et Jerem

 

Début de la magnifique peinture sur le thème du "monde des lutins" signée Amélie et Christiam

 

Peinture terminée

 

 

 

 

Vue de haut, avec les jeux en bois
Dernière photo avant mon départ, mi avril 08. On n'y voit pas les plantes et les barres de protection tout autour de l'espace détente (du tou)
Cette experience à la fois difficile et très interessante est celle qui m'a apprit le plus sur le pays et sa culture.
C'est en travaillant avec des intervenants locaux que je suis vraiment entrée dans la société péruvienne, que j'avais toujours survolée avant cela. Malgré les grosses difficultés et les nombreux sacrifices que j'ai dû faire, je suis maintenant capable de témoigner de cette réalité, et je suis convaincue qu'on ne connaît pas vraiment un pays, tant qu'on y a pas vécu et travaillé.   Malheureusement, au sein de l'équipe Hilo de Oro, je suis la seule à avoir perçu ce choc interculturel, pourtant éssentiel à la réalisation d'un projet.
Nous, occidentaux, avons nos façons de faire, nos normalités, nos principes et notre organisation. Mais ce n'est pas partout pareil! Ce qui nous semble "normal" (comme respecter un contrat qu'on signe, savoir dire NON quand on ne peut pas assumer une tâche ou encore demander tous les papiers nécéssaires à un permier rendez vous), peut ne pas l'être ailleurs.
Faitre un projet sur un autre continent, c'est un peu faire un projet dans un autre monde. Alors pour le mener à bien dès la première experience, je pense qu'il est essentiel de déjà connaitre le fonctionnement de la société qu'on intègre ou d'être GUIDé par des personnes qui connaîssent cet environnement (comme des membres (serieux!) de la population.
Je me souviens d'un exemple qui illustre bien ce principe:
Un village au fin fond de l'Afrique. Les femmes marchent une journée entière pour ramener l'eau à la population. Sous le soleil torride, elles traversent les étendues arrides, arrivent à la source d'eau, remplisent leur bassines et repartent approvisionner les familles. Une lourde tâche semble-t-il.
Une ONG internationale constate. Et décide de construire un puit dans le village, pour éviter aux femmes la fatigue de cette marche ardente.
Le projet se termine, l'ONG replie bagage.
Quelques mois plus tard, quand on demande aux femmes ce qu'elles pensent du nouveau puit, elles répondent que la marche qu'elles effectuaient pour aller chercher l'eau, était leur unique moment partagé entre elles, en toute intimité, loin des hommes et de leurs responsabiblités familiales. Pendant ce moment qui leur a été "arraché", elles pouvaient se confier les unes au autres, rire, échanger et se soulager de secrets plus lourds que les bassines d'eau.
Grâce au nouveau puit du village, les femmes ne peuvent plus partager de moment intimes.
Aujourd'hui, l'aire de jeux n'est pas terminée, car (connaissant le Pérou), il était incensé de croire qu'un projet comme celui-ci pouvait se réaliser en moins de six mois.
L'association HILO DE ORO est en procédure judiciaire contre la menuiserie pour les raisons suivantes:
- non respect des engagements contractuels (en terme de délai de livraison et qualité du bois)
- non respect des plans de construction (jeux lègèrement différents de ceux commandés)
- livraison de 70% de la commande totale
De plus, trois jours après la pose de ces 70%, le bois se déchirait, se modelait et laissait place à de grande failles. Les jeux étaient donc déjà inexploitables. En travaillant sur un bois non adapté au climat local et pas seché, les menuisiers "professionnels" savaient parfaitement qu'après l'installatin de celui-ci en milieu exterieur, le bois travaillerait de lui même et se déchirerait.
Ce qui veux dire concrètement, que les menuisiers nous ont éscroqués. Ils possédaient casiment la totalité du budget total (4000 euros) mais nous ont livré un travail qui n'en valait pas la moitié.
Malheureusement, je ne me suis apperçue de la suppercherie qu'une semaine avant mon départ obligatoire pour la France.
Le projet est donc en attente, le parc de jeux, vide des cris et sourires des enfants de Carmen Alto.
bien entendu, l'affaire est à suivre.


Publié le 11:58, 15/04/2008 in PERU Juin 07 a Mars 08
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